Antibes, 22 septembre.
Ce matin je me suis réveillé triste, profondément triste. Après une semaine où franchement, ça allait. Ça allait au point d’en être presque culpabilisant, à pouvoir écouter de la musique, à pouvoir lire, à pouvoir être, facilité par l’anonymat du petit patio ombragé où je passe le plus clair de mes journées sur la côte d’Azur. Rappelé à la peine par une lame de fond animée d’une note presque inaudible. Cette peine n’est plus celle qui fait fondre de chagrin au coin d’une rue, mais celle qui va rester, m’habiter, peu importe mes prochains choix de vie. Souvent, les grands moments de cette fameuse vie, quand on y repense, sont des instants volés, discrets, à qui on donne ensuite plus de sens. Mais mon chagrin lui est bien défini, j’en connais la cause, et une fois le monde passé naturellement à autre chose, il sera encore là.
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